«Le vote de la réforme des retraites au Sénat a eu lieu au terme d’un débat tronqué, marqué
par la volonté du gouvernement et du Président de la République de museler l’opposition.
Procédure accélérée, refus de l’explication de vote individuelle à l’Assemblée, vote bloqué au Sénat : le gouvernement n’a reculé devant aucune manœuvre pour contourner le Parlement.
Plus que jamais, M. Sarkozy et son gouvernement piétinent l’esprit et la lettre de la démocratie. Ils ont méprisé les syndicats en refusant de négocier avec eux, comme l’exige le respect de la
démocratie sociale ; ils ont refusé d’entendre les Français – au moins sept sur dix – qui rejettent son projet, comme le réclame le respect de la démocratie citoyenne ; ils ont refusé de
débattre avec l’opposition, comme le demande le respect de la démocratie politique.
L’attitude du gouvernement laissera des traces. On ne touche pas aux retraites des Français sans écouter les Français, sans négocier avec les syndicats, sans respecter le Parlement.
Face à ce déni de démocratie, le Parti socialiste s’associe pleinement aux initiatives responsables des syndicats. Le Parti socialiste appelle les Français à manifester les 28 octobre et
6 novembre. Il appelle à ne pas céder aux provocations et à se mobiliser dans le calme. Il appelle le gouvernement et le Président à la raison et au dialogue, comme viennent de le faire
magnifiquement nos députés et sénateurs auxquels je veux rendre hommage.
Depuis des semaines, les Français donnent une leçon de démocratie à Nicolas Sarkozy : visiblement cette leçon n’a pas été retenue. Il faut la lui répéter encore.»
25000 à Lille, 12500 à Dunkerque, près de 10 000 à Valenciennes, Boulogne et Calais sans compter les manifestations de St Omer, Douai, Béthune, Arras, Lens, Maubeuge, Cambrai, Armentières, Montreuil, Berck : pour la première fois, depuis le début de la crise, on a compté plus de 100000 manifestants.
Cette 6° journée d'action et de mobilisation sur la réforme des retraites voulait faire la démonstration aux sénateurs et au gouvernement qu'une autre réforme est possible, juste et durable ! Les syndicats allaient-ils tenir leur pari ? Y allait-il y avoir essoufflement de la mobilisation ?
La journée avaient commencé par plusieurs "opérations escargots" de barrages filtrants, voire de blocage sur les routes, les ronds-points et autour des centres ou entreprises stratégiques, comme à Roquette Lestrem, autour d'Arras ou sur le Centre de Transports de Lesquin.
Une dizaine de manifestations locales avaient lieu ce mardi. Et elles ont rassemblé souvent plus de monde que le mardi 12 Octobre dernier.
A Béthune, on enregistrait ce 19 Octobre environ 2500 participants, dont (c'est nouveau) près de 50 % de jeunes...
Même tendance sur Douai avec près de 8000 manifestants et de nombreux lycéens en tête de cortège.
A Lens, une des plus importantes manifestations depuis le début : 3000 personnes. Sur Arras, aussi avec 4000 manifestants (dont beaucoup de lycéens).
A Calais, on enregistre plus de 7000 manifestants, près de 2500 à Maubeuge. Sur Valenciennes, ils étaient près de 10 000, 1700 à Cambrai, un millier à Armentières, 250 à Berck et à Montreuil.
Les manifestations de l'après-midi allaient-elles confirmer la tendance ?
Sur Dunkerque, ce sont près de 13 000 personnes qui ont manifesté dans le calme et les syndicats ont compté 25 000 personnes à Lille.
Au total, en cette fin de journée, les syndicats ont annoncé que la barre des 100 000 manifestants a été franchie pour la première fois dans notre région, avec l'apport de lycéens qui ont suivi les cortèges - très denses - dans le calme.
"Le gouvernement continue d'être sourd aux revendications... Il semble plus préoccupé par l'approvisionnement du pays en essence que par les 3,5 millions de manifestants d'aujourd'hui qui réclament une autre réforme des retraites"
a déclaré Pascal Catto (secrétaire régional cfdt) à l'issue de la journée.
Tout le monde attend maintenant les décisions de l'intersyndicale nationale qui doit se réunir jeudi après-midi.
Dans cette 5° manifestation du 16 octobre,en un peu plus d'un mois, c'est encore le même soutien populaire auquel on a assisté dans les 14 manifestations de la région, qui ont rassemblé près de 55 000 personnes ce samedi 16 Octobre.
Le gouvernement répondra-t-il à ce mécontentement en suspendant le débat parlementaire ?
Finalement la mobilisation de cette 5° journée de manifestation dans la région a été essentiellement citoyenne, à l'image des manifestations du samedi 2 Octobre.
Beaucoup étaient venus en famille et ont rejoint les cortèges syndicaux sans forcément de signe distinctif.
Dans la région, si les manifestations du Littoral ont connu un léger fléchissement, par contre Lens a enregistré sa plus importante manif depuis le début tout comme Maubeuge. Des villes de la région ont connu leurs premières manifestations dans ce conflit : Hazebrouck 500, Fourmies 300, Saint Omer : 500 - Boulogne : 10 000 - Douai : 2 500 - Arras : 3 000 - Lens : 2 000 - Calais : 3 500 - Maubeuge : 3 000 - Cambrai : 1 300 - Dunkerque : 6 500, Valenciennes : 4500 - Lille : 14000
Après les manifestations des 23 septembre, 2 octobre, 16 octobre, la mobilisation ne faiblit pas ! Le Parti socialiste s'associe à nouveau à la mobilisation contre la réforme des retraites, le mardi 19 octobre, aux côtés des organisations syndicales. Le PS appelle tous ceux qui le peuvent à venir manifester partout en France. Tous présents à Lille, le 19 octobre au moment où le Sénat termine l'examen de ce projet injuste
«J’ai travaillé 42 ans comme éducatrice dans un CAT. Je gagnais 1 900 euros par mois. Mon mari est décédé neuf mois seulement après avoir pris sa retraite. Je touchais alors 1 110 euros de pension, je n’ai eu droit qu’à 200 euros de pension de reversion.» À la disparition de son mari, Annick a dû payer 3 800 euros de frais de notaire, « C’était compliqué » commente-t-elle.
Ville industrielle
Des témoignages comme celui d’Annick, Martine Aubry, Gilles Pargneaux et René Vandierendonck en ont recueillis et entendus toute la soirée de mardi. Normal : cette nouvelle Rencontre retraite organisée par le Parti socialiste se tenait à Roubaix, «une grande ville industrielle où, a rappelé la Première secrétaire du PS, beaucoup d’hommes et de femmes ont commencé à travailler tôt et ont travaillé dur», dans une région aussi que le chômage n’épargne pas. «Dans les cotisations, si on additionne les 0 du chômage, ça ne pèse pas lourd dans le calcul des pensions» comme en témoigne un homme en tee-shirt noir et aux cheveux gris. «Pour cette année, le taux de chômage des plus de 55 ans a augmenté de 20%» a annoncé René Vandierendonck.
> La carte des Rencontres Retraites ici
En présentant son projet en pleine Coupe du monde de foot, et à l’entrée des vacances scolaires, le gouvernement espérait pouvoir passer sa réforme en douce «il a déployé un rideau de fumée, et a tout fait pour ne pas parler des retraites, dénonce Gilles Pargneaux, alors qu’elles sont au cœur de notre parcours de vie. Par ces Rencontres retraite, les socialistes vont au contact, et viennent dire pourquoi cette réforme est injuste et inefficace».
Après deux petits clips de présentation du projet socialiste, salués par l’ensemble du théâtre plein à craquer, Martine Aubry a démonté la réforme d’Éric Woerth point par point. Les 62 et 67 ans, «le choix le plus injuste qu’il soit» la pénibilité, «on a l’impression qu’à Paris, on ne sait pas ce que vivent les Français, qu’il y a des ouvriers qui vont finir leur carrière au RSA après avoir cotisé toute leur vie», l’absorption du Fonds de réserve des retraites, pour «piller les retraites de nos enfants ».
Martine Aubry a ensuite développé les propositions du parti pour une retraite universelle et personnalisée «car dans notre système, on ne laissera personne se débrouiller tout seul». Patrice, 58 ans, toujours svelte, écoute attentivement les débats. Il ne prendra pas la parole. Il a fait toute sa carrière dans la même entreprise de maintenance, aux 3x8, à se déplacer chez des clients, exposé à divers produits plus ou moins toxiques. «J’ai une quinzaine de collègues qui sont décédés avant leurs 60 ans». Il milite depuis 2002 à Willems, son père avait déjà sa carte. «Je représente ma section, je venais surtout pour prendre des billes, on fait un débat entre nous le 5 juillet». Le combat continue.
Lien vers l'intervention de Gilles PARGNEAUX
Cette réforme prétend améliorer la situation financière des régimes à l’horizon 2018, mais ne règle pas l’avenir des régimes au-delà de cette date. Pire, elle réduit les perspectives d’amélioration en utilisant le Fonds de réserve des retraites pour financer les déficits d’aujourd’hui, alors qu’il était conçu pour amortir le choc du papy boom à partir de 2020. Une prochaine réforme sera inévitable et les jeunes générations en feront les frais.
Les socialistes considérent qu’une réforme globale du système est toujours indispensable. L’emploi constitue le facteur déterminant de réussite d’une telle réforme.
Martine AUBRY et les socialistes ont présenté leurs propositions pour une réforme du système de retraites juste, efficace et durable et pour un système personnalisé.
Le rendez-vous du 29 Juin à Roubaix au Théâtre Pierre de Roubaix avec Martine Aubry sera l’occasion d’échanger sur ce sujet essentiel.
Dans cette perspective, la réussite de la mobilisation du 24 juin est nécessaire pour peser en faveur d’un autre projet de réforme des retraites, la section de Roubaix du Parti Socialiste appelle à participer massivement à la manifestation organisée par les organisations syndicales à partir de 14 h 30 Porte de Paris à Lille.